Une Master Class en écologie politique pour aider les jeunes chercheurs à mieux comprendre et présenter la complexité d’une gestion durable des ressources dans les territoires

L’ENA de Meknès a accueilli le vendredi 9 octobre 2026 la 3eme journée de l’Université d’automne sur la Political Ecology. Cette manifestation fait partie d’un cycle de Master Classes coorganisé depuis novembre 2025 avec la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn Chock (Université Hassan II de Casablanca) et l’Université d’Artois (laboratoire CLERSE). Ces Master Classes consacrées à la Political Ecology sont destinées aux étudiants de master et aux doctorants en sociologie, anthropologie, économie, sciences politiques, ingénierie du développement rural. L’objectif est d’aider les étudiants à caractériser, analyser et comparer les points de vue divergents des différents acteurs de la société lorsqu’ils sont confrontés à la gestion de ressources communes dans leur territoire.

Lors de cette journée de Master Classes à l’ENA de Meknès, les participants ont pu décrypter plus finement les jeux d’acteurs impliqués dans la gestion de problèmes complexes dans un monde rural de plus en plus fragilisé.

  • Comment gérer au mieux les ressources forestières et pastorales de la forêt de Taganete dans le Haut-Atlas du Maroc ? Quelles différences et similitudes avec la gouvernance de l’accès aux ressources pastorales au Sénégal ?
  • Comment les agriculteurs et éleveurs arrivent-ils à conserver leurs moyens de subsistance quand le reste de la société modifie leur accès à la terre ? C’est ce qui se passe en ce moment en zone périurbaine de Rabat où la ville avance inexorablement sur la campagne. C’est aussi le cas plus improbable dans les zones reculées du Haut-Atlas touchées par le séisme de 2023 : la reconstruction standardisée du parc immobilier et des infrastructures rurales s’avère être un obstacle puissant à la poursuite de l’activité agricole.
  • Vaut-il mieux vivre et travailler en saisissant une ressource ou opportunité au statut très précaire ou bien seulement vivoter en restant dans la légalité ? Les participants se sont tous posé cette question existentielle en écoutant les études de cas des jeunes travailleurs migrants africains dans le secteur agricole d’Agadir ou encore des communautés sans-terre qui prennent illégalement possession de grandes propriétés publiques ou privées pour y installer leurs petites exploitations familiales dans une Colombie encore marquée par l’insécurité et les conflits armés.

Le point commun de ces jeunes chercheurs et chercheuses qui ont participé à cette université d’automne : tous et toutes ont passé de nombreux mois, voire années, à vivre et travailler au sein de leur terrain d’études afin d’acquérir la confiance des différentes parties prenantes et de s’approprier et comprendre chacun des différents points de vue.

L’Université d’automne « Political ecology : les états de l’environnement » s’est tenue du 7 au 9 octobre 2026. Coorganisation : Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn Chock de l’Université Hassan II de Casablanca, Laboratoire de recherche sur les différenciations socio-anthropologiques et les identités sociales LADSIS, Département d’ingénierie du développement de l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès, Université d’Artois, Unité mixte de recherche Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques CLERSÉ, Centre de recherche et d’études sur les sociétés contemporaines CRESC, Unité mixte de recherche Gestion de l’eau, acteurs, usages G-Eau et Fonds d’analyse des sociétés politiques FASOPO. Cet événement a bénéficié d’un financement de l’Agence française de développement AFD.

Pour plus d’information : Pr Mostafa Errahj  merrahj@enameknes.ac.ma